Hokusai en France

Le Grand Palais présente une exposition sur Hokusai, le célèbre artiste japonais né à la fin du XVIIIème siècle. Des œuvres rares et fragiles qu’on a peu de chance de revoir en si grand nombre en un même lieu. Magistral artiste japonais qui naquit en 1760, Hokusai qui changea plusieurs fois de noms au cours de sa carrière a dessiné et peint jusqu’au bout. Et sa carrière fut longue puisqu’il mourut à l’âge de 89 ans. Mais il espérait aller au-delà pour encore mieux maîtriser son art  et écrivait avec modestie : « …par conséquent à quatre-vingts ans, j’espère que je me serai amélioré et à quatre-vingt-dix ans que j’aurai aperçu l’essence même des choses, de telle sorte qu’à cent ans j’aurai atteint le divin mystère et qu’à cent dix ans, même un point ou une ligne seront vivants. Je prie pour que l’un de vous vive assez longtemps pour vérifier mes dires. Ecrit à l’âge de soixante-quinze ans par moi, jadis Hokusai, aujourd’hui Gakiorojin, le vieil homme, fou de dessin ». En fait, il adopte un nom différent quand il change de « période ». Il a produit des estampes commerciales en début de carrière, s’intéresse ensuite aux calendriers, à l’illustration de livres. Il publie aussi quinze volumes de la Manga, un genre de répertoires de « dessins divers ». Ne pas confondre la Manga avec les Mangas actuels qui, toutefois, puisent d’une certaine façon dans l’œuvre de Hokusai. C’est durant sa période Litsu,(1822-1834) que Hokusai réalise ses « estampes du monde flottant ». Il est célèbre notamment pour ses séries, comme les « Trente-six vues du mont Fuji » qui joue sur la stylisation du sujet et sur son évolution. A la fin de sa vie, il s’oriente vers la peinture. Son répertoire est large : hommes et femmes, scènes érotiques, animaux, plantes et fleurs, paysages ou vues urbaines.

L’exposition du Grand Palais présente les œuvres de Hokusai chronologiquement et introduit le sujet par une salle dans laquelle sont notamment exposées des céramiques et des verreries aux motifs inspirés de Hokusai. Lorsque le Japon s’ouvre à nouveau aux échanges commerciaux avec la France suite au traité de 1858, les Français sont séduits par le travail de Hokusai, les sujets qu’il traite et sa façon de les interpréter avec finesse et souvent avec humour. Ils s’en inspirent abondamment comme Félix Bracquemond pour la manufacture Creil et Montereau, Amédée de Caranza chez Vieillard à Bordeaux ou Emile Gallé.

Une animation amusante a été installée sous la coupole blanche du Grand Palais, au premier étage. Des silhouettes de petits personnages inspirés de la Manga sont projetés sur les murs et le plafond sur lesquels ils sautent et défilent à grande vitesse.

En raison de leur fragilité, les œuvres présentées sont peu éclairées et il y aura une rotation pour qu’elles ne soient pas endommagées par une trop longue exposition. Un événement exceptionnel à ne pas manquer.

Beaucoup de livres ont été édités à l’occasion de cette exposition. Pour ma part, j’ai tout particulièrement apprécié l’ouvrage de Woldemar Von Seidlitz et Dora Amsden chez Eyrolles, intitulé tout simplement Hokusai. Les textes sont instructifs et retracent le parcours de Hokusai, les nombreuses reproductions de qualité.

Hokusai, du 1er octobre 2014 au 20 novembre 2014 et du 1er décembre au 18 janvier 2015, le Grand Palais, Paris.

 

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