Découvertes urbaines, Grand angle

Barcelona la flamboyante

Peut-on se lasser de Barcelone ? Cela semble difficile. Cette ville est tellement riche de trésors en tous genres qu’on n’arrive jamais à voir tout ce qu’on voulait. L’ambiance, l’architecture, l’art de vivre, tout invite à visiter et revisiter la capitale de la Catalogne. Les détails architecturaux abondent. Mosaïques, céramiques, sgraffites, sculptures, ferronneries, vitraux, l’œil ne sait plus où se poser tant on aimerait tout enregistrer.

Impossible de ne pas revenir sur des bâtiments connus, déjà vus mais tellement significatifs et emblématiques qu’on n’y échappe pas. Parmi mes retours sur image, je n’ai pu m’empêcher d’admirer à nouveau le Palais Guëll, de parcourir les allées et les bâtiments de l’ancien hôpital Sant Pau, de m’imprégner de l’ambiance de la Sagrada Familia.

Mais pour aller de l’avant, j’ai dû faire l’impasse sur d’autres chefs d’œuvre que j’espère retrouver sous peu, tout en profitant au passage de l’architecture inventive que Barcelone expose partout. Comment ne pas être sous le charme d’une ville où tous les détails sont soignés, y compris les dessous de balcons qui sont amoureusement carrelés et supportés par des ferronneries ouvragées.

Le programme que j’avais concocté était copieux et je suis très loin d’avoir pu faire tout ce que j’avais envisagé. Barcelone, c’est bien autre chose que les ramblas sur lesquelles défile une faune cosmopolite et bigarrée même en période de COVID. Barcelone, c’est une histoire, des quartiers différents les uns des autres -certains n’ont été agglomérés à Barcelone que tardivement, soit en 1921 pour Sarria- un esprit.

Car Barcelone est une ville ouverte qui a su très tôt reconnaître les enjeux de l’industrie, s’est développée et continue à avancer, a inspiré écrivains et artistes en tous genres. Passer d’une ambiance riviera le long des plages avec palmiers et port de plaisance aux yachts grand format à l’atmosphère intimiste et recueillie (secrète) du quartier gothique en quelques minutes, c’est l’un des magnifiques dépaysements qu’on peut s’offrir dans cette ville étonnante. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Le Cercle du Liceu

Juste à côté du Grand Théâtre du Liceu, sur les Ramblas de Barcelone, englobé dans son bâtiment, le Cercle du Liceu est un des hauts lieux de la vie mondaine, culturelle et feutrée de Barcelone. Il est considéré comme l’un des clubs privés les plus élitistes au monde. Ce cercle qui existe depuis 1847 a été créé très peu de temps après l’ouverture du théâtre lui-même. Ces deux institutions ayant à l’origine les mêmes fondateurs.

Les balcons et les sièges du théâtre, jusqu’au grand incendie qui l’a dévasté en 1994, étaient des propriétés privées qui appartenaient aux familles qui les avaient achetés et pouvaient les revendre. Le Liceu reconstruit à l’identique mais doté des derniers perfectionnements techniques a rouvert en 1999, le chantier ayant été soutenu par le mécénat.

Au-delà des échanges entre ses membres, qui ont dû participer au développement de Barcelone, le Cercle du Liceu, qui compte actuellement un millier de sociétaires, organise des événements culturels des récitals aux conférences en passant par les concerts. Il est désormais ouvert aux femmes après que Monserrat Caballé qui voulait pouvoir y entrer à titre personnelle et non pas en tant qu’épouse ou veuve, ce qu’elle a eu le droit de faire, en 2001, après avoir gagné son procès.

Le Cercle du Liceu, qui a été épargné par l’incendie du théâtre, est une ode au Modernisme. Des artistes tels que Miralles, Masriera, Rusinol et Gaspar Homar ont été sollicités pour participer à sa décoration.

Et il y a l’extraordinaire rotonde qui accueille douze tableaux de Ramon Casas (1866-1932). Le Cercle du Liceu lui avait passé commande avant pour seule directive que ces peintures soient sur le thème de la musique. Il a parfaitement répondu à la demande en mettant chaque fois en scène des femmes, son talent lui permettant de se jouer de toutes les contraintes. On peut voir notamment comment Ramon Casas peint toutes les tonalités et les dégradés de blancs.

Le Palais Montaner

Siège de la Délégation du Gouvernement Espagnol en Catalogne depuis 1980, le Palais Montaner n’est pas ouvert au public.

J’ai pu obtenir une dérogation exceptionnelle qui m’a permis d’admirer le hall mais je suppose que le reste du bâtiment recèle d’autres très beaux aménagements. Le chantier achevé en 1893 est une commande de Ramon Montaner qui a créé la maison d’édition Montaner i Simon avec son associé, Francesc Simon. Initialement confié à Josep Domenech i Estapa, il est repris par Lluis Domenech i Montaner, le neveu de Ramon Montaner.

De l’extérieur, le bâtiment observe une géométrie assez régulière, peu habituelle dans le Modernisme. En fait, elle se rapproche plutôt du style éclectique, tout comme les mosaïques en fronton, sous l’avant-toit plat. En revanche, les ferronneries des portails sont bien Modernistes tout comme l’intérieur. Domenech i Montaner a fait appel à des artisans d’art réputés : Lluis Bru pour les mosaïques, Eusebi Arnau pour les sculptures, Gaspar Homar pour l’ébénisterie, Francesc Tiestos pour la ferronerie et Antoni Rigalt pour les vitraux.

Lorsqu’on pénètre dans l’immeuble, l’élément le plus frappant est la verrière du plafond. Ses couleurs vibrantes, sa grande taille en font un élément majeur. On a l’impression que le plafond du hall s’ouvre sur une immense treille de passiflores. Ce n’est qu’ensuite que le regard peut s’attarder sur tout le reste. Le sol en mosaïques, les caissons au plafond, les sculptures dans la pierre comme ces monstres à partir desquels démarrent les rampes de l’escalier ou les quatre personnages sur le mur du fond.

Le rôle majeur de cette verrière n’est pas sans rappeler celui de la verrière centrale du Palais de la musique catalane qu’il a construit entre 1905 et 1908.

On retrouve aussi dans le Palais de la musique catalane mais développés avec beaucoup plus d’emphase les chevaux de profil qui séparent qui séparent l’entrée du hall.

Le palais de la Balmesiana

Peu connu, cet ensemble de bâtiments est encore une des curiosités de Barcelone. Mon guide était d’ailleurs très surpris de voir une Française débarquer alors que, selon lui, les Barcelonais ignore ce palais situé au 9 rue Duran i Bas qu’on peut visiter le mercredi matin à 10h30, 11h30 et 12h30. Il est tellement peu couru que j’ai eu droit à une visite particulière étant la seule personne présente.

Au XIV et au XV siècles, la rue Duran i Bas était bordée de palais habités par des nobles. Les nobles peu à peu furent ruinés et abandonnèrent leurs palais qui furent rachetés par la ville. En 1916, un religieux, le père Eudald Serra i Buixo fonde la Foment de Pietat pour éditer en catalan des textes religieux, textes qui devaient permettre d’éduquer les pauvres.

C’est ainsi que l’architecte Joan Rubio i Bellver, un disciple de Gaudi, fut amené à reconstruire deux palais mitoyens, le premier en 1919, le second en 1923 pour constituer cet ensemble original qui s’articule autour d’une grande cour intérieure. C’est le jésuite Ignacio Casanovas, assassiné à Barcelone en 1936 au début de la Guerre Civile qui aide au financement de la construction.

La cour et la façade sont assez austères, dans un registre néo-gothique ou néo-médiéval mais l’intérieur laisse s’exprimer le Modernisme dans ses magnifiques vitraux et ses riches décors.

Le fresques religieuses qui ornent l’une des cages d’escalier furent badigeonnées à la chaux et ainsi cachées au regard durant la Guerre Civile pour éviter que les Républicains ne les détruisent. Elles ont été dégagées de cette pellicule blanche qui les couvrait, malheureusement à certains endroits, la chaux a pénétré et les diverses restaurations n’ont pas permis d’y remédier totalement.

Mais, globalement, ces fresques ont conservé toute la fraîcheur de leurs couleurs.

La chapelle est dominée par une spectaculaire suspension multicolores à laquelle répondent des lustres construits sur le même modèle mais de taille plus modeste près de l’autel. A noter les anges aux visages de femme assez surprenants.

A noter des anges aux visages de femmes assez surprenants.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le sol n’est pas en marbre mais en bois travaillé transformé en pâte colorées dans la masse avant qu’elle ne durcisse, une méthode venue d’Europe du Nord pour isoler le sol afin qu’il ne soit pas froid aux pieds. Le palais de la Balmesiana a conservé une librairie au rez-de-chaussée.

Le Palais Mornau, palais du cannabis

Etrange rencontre à Barcelone du Modernisme et du cannabis. C’est un lieu occupé de longue date, lui aussi, qui abrite le musée Hash Marihuana Canamo & Hemp. En 1550, la puissante famille Santcliment fait construire son palais au 35 carrer Ample.

Au fil du temps, il est vendu à divers propriétaires avant qu’il soit acheté en deux fois en 1796 et 1797 par José Francisco de Mornau, commissaire honoraire de la Guerre qui lui a laissé son nom après avoir réunifié les deux bâtiments.

Le palais est historique puisque c’est là que fut préparé, en 1809, le complot contre les Français qui occupaient Barcelone.

Autre étape majeure, le rachat en 1900 du bâtiment par Joan Nadal de Vilardaga, frère du maire de Barcelone. Il en confie la rénovation à l’architecte moderniste, Manuel Joaquim Raspall i Mayol (1877-1937). Ce dernier ne conserve que la cour intérieure gothique mais la couvre d’une grande verrière multicolore qui donne malgré tout une touche moderniste d’emblée, sans parler de la véranda en saillie sur la façade, au premier étage, habillée elle aussi de vitraux.

A l’intérieur, les portails en fer forgé, le bassin intérieur, les vitraux, les mosaïques, les carrelages, les parquets marquetés sont recherchés. La grande cheminée est remarquable avec ses fleurs en mosaïque, ses motifs végétaux en relief sur la pierre et la sculpture d’un buste d’homme fumant la pipe.

Les plafonds ne sont pas en reste avec des caissons, d’épaisses guirlandes dorées ou des fleurs dont la métallisation est doucement patinée. Sur des vitres en verre sablé, garnissant les panneaux de portes en bois, se dessinent de grandes feuilles de cannabis très décoratives. Ce qui sert de lien avec la nouvelle affectation du bâtiment.

Lorsque Ben Dronkers l’a racheté en 2001, le palais Mornau était en piteux état. Il l’a confié à l’architecte Jordi Romeu avant de pouvoir ouvrir, en 2012, le musée tel qu’on peut le voir actuellement.

Il renferme la collection la plus importante au monde dédiée au cannabis. Même si mon attention a été détournée des fonds de ce musée original par son cadre, j’ai pu constater leur richesse.

Ils portent sur l’histoire du cannabis et ses usages très variés. En fait, le musée de Barcelone est le second site de Ben Dronkers qui a ouvert le premier musée du cannabis à Amsterdam en 1985.

Des musées à ne pas manquer le Museu Nacional d’Art de Catalunya et le Museu Maritim de Barcelona

Faute de temps, j’avais jusqu’à présent négligé deux grands musées qui se trouvent à Barcelone. Le Museu National d’Art de Catalunya aurait dû faire partie de mes priorités mais je l’avais négligé, faute d’avoir poussé jusqu’à Montjuic, pourtant peu éloigné du cœur de la ville. Ce quartier est intéressant notamment parce qu’il a accueilli l’Exposition Internationale de 1929 et les jeux olympiques en 1992. Montjuic ne se limite pas à ces deux événements, loin de là, mais ils marquent son histoire.

Le musée est hébergé depuis 1934 dans le Palais National de la foire, imposant bâtiment posé sur la colline boisée de Montjuic, qui a été réaménagé jusqu’en 2004 pour accueillir tous les espaces d’exposition actuels.

Avant d’y pénétrer, depuis son perron et ses marches, il faut se retourner pour admirer la ville. Un ensemble de fontaines en cascades entourées de deux majestueux escaliers permettent de rallier la place d’Espagne en passant entre les Tours vénitiennes, elles aussi construites pour l’Exposition Internationale et qui n’avaient pas vocation à être conservées. Ces tours carrées tirent leur nom du campanile de Saint-Marc à Venise sur le modèle duquel elles ont été construites même si elles n’ont pas les mêmes dimensions et sont légèrement plus petites.

Les fonds du musée sont exceptionnels. L’époque médiévale (roman et gothique), la Renaissance et le baroque se partagent le rez-de-chaussée tandis que l’art moderne se trouve au premier étage.

Encore une fois, pressée par le temps, je me suis dirigée vers les seules salles de l’art moderne : peintures et arts décoratifs sont magnifiquement représentés. J’ai eu le coup de foudre pour la luminosité et l’ambiance dégagée par un tableau de Lluis Masriera, Ombres Reflectides.

Autre musée, autre univers, avec le Museu Maritim de Barcelona. Le bâtiment lui-même raconte une histoire puisqu’il s’agit des Chantiers Royaux de Barcelone. Ils ont été construits au XIIIème siècle pour fabriquer et entretenir les galères et les bateaux de guerre du roi d’Aragon Pere el Gran. Ces chantiers royaux sont considérés comme l’un des bâtiments gothiques civils les plus remarquables au monde.

Leur ampleur, leur architecture en parfaite adéquations avec leur vocation sont un exemple de bâtiments industriels d’autrefois très réussis.

L’histoire maritime de Barcelone est évoquée dans ces bâtiments grâce à des objets très divers, des documentaires mais aussi des embarcations. La réplique à l’échelle 1 de la Galère royale qui a participé à la bataille de Lepant en 1571 fait rêver petits et grands.

Barcelone pêle-mêle

Et puis il y a Barcelone avec tout ce qu’on peut découvrir, voir, admirer au détour d’une rue. Moins célèbre que les maisons des architectes emblématiques de Barcelone, la Casa Rafael Pomès, par exemple, est singulière.

Sa façade 15 via Laietana est néo-gothique et fait penser à celles de certains palais de Venise sur le Grand Canal.

A l’arrière, 9 carrer de Sots-Tinent Navarro, elle est du plus style moderniste avec ses décors de carreaux en céramique bleus et blancs sur lesquels s’inscrivent des citations latines : « Labor prima virtus », « Nihil prius fide », « Ars longa, vita brevis ».

Cet immeuble a été construit fin 1919. L’architecte serait Claudi Duran i Ventosa. Deux façades, deux styles.

Le bureau de poste au bout de la rue Laietana est, lui, impressionnant. L’intérieur vaut le coup d’oeil avec sa coupole centrale et ses fresques colorées.

Dans un autre registre, la maison du bourreau, minuscule et coincée dans les anciennes murailles entre la chapelle Sainte Agathe et le Musée d’Histoire de Barcelone, donne sur la plaza del Rey où avaient lieu les exécutions.

A Barcelone, on trouve aussi au cœur de la ville, près de la plaza de la vila de Madrid, la via romana sepulcral, une nécropole de soixante dix tombes datant des II et III èmes siècles après Jésus-Christ. Ces tombes étaient alors à l’extérieur et longeaient de part et d’autre la voie qui menait à la ville.

Les boutiques rivalisent de fantaisie comme le magasin El Indio, 24 carrer Carme décoré en 1922 par Vilaro i Valls. Petit moment de nostalgie, j’ai pu pénétrer dans la boutique l’Herboristerie du roi qui était déjà fermée.

Malgré les tracas occasionnés par la fermeture et le déménagement des produits, les propriétaires qui partaient à la retraite m’ont très gentiment laissé voir ce bout d’histoire de Barcelone qui disparaît. Cette boutique qui a le label « Be cultural d’interes local » n’a pas trouvé de repreneur.

Et pourtant, c’est une petite merveille avec ses boiseries, ses tiroirs décorés de délicats dessins. Créée en 1818 par Josep Vila, l’Herboristerie du roi est venue s’installer 1 carrer Vidre en 1823. Elle a été transformée en 1857 par le peintre de décors de théâtre, Frances Soler i Rovirosa lorsque la reine Isabel II lui a accordé le titre officiel de « fournisseur royal ». Une sculpture du buste du naturaliste Linné surmonte la fontaine en marbre de Carrare. Son bassin servait à conserver les sangsues. Le décor est tellement charmant qu’il a servi de cadre pour tourner des scènes du film « Le parfum ».

Mes restaurants à Barcelone

A Barcelone, les restaurants ne manquent pas. J’étais déjà allée faire un tour au célèbre Quatre Gats. Un autre restaurant a comblé toutes mes attentes culturelles et gustatives, l’excellent Muy Buenas au 63 carrer Carme. Ce petit établissement moderniste à la façade en bois a conservé tout son charme sans aucune affectation.

L’authenticité est restée. A l’intérieur, le comptoir en marbre a été conservé tout comme la cloison de séparation en bois aux décors sinueux dans laquelle s’insèrent des verres sablés en partie basse et une horloge, au milieu, en partie haute.

Cette cloison sépare le bar de la petite salle de restaurant. Il est prudent de réserver (par mail) car il y a peu de places. Le menu n’est disponible qu’en semaine mais les plats d’une cuisine locale bien maîtrisée sont très accessibles.

Autre adresse, le restaurant du Palais de la musique catalane.

Quelle que soit la saison, je trouve préférable de s’installer dans la salle plutôt qu’en terrasse. Quand on peut profiter d’un tel cadre, il ne faut pas s’en priver. Les piliers en briques dont les chapiteaux sont garnis de grosses fleurs en céramique, comme celles de la salle de concert, le grand kiosque central avec ses vitraux, forment un ensemble au charme Art nouveau dont je ne me lasse pas. Et, en plus on bénéficie de la vue sur le hall d’entrée et les escaliers de la salle de concert.

Autre adresse, la cafeteria de la Casa Amatller. Il s’agit d’une restauration rapide mais saine avec, comme plat principal, des salades à composer avec un choix de bases (pâtes ou semoules, par exemples) et différentes garnitures. On peut s’asseoir ensuite sur la terrasse à l’arrière, dans la salle principale ou dans le hall de Casa Amatller. Je privilégie cette option pour profiter de l’architecture moderniste de Josep Puig i Cadafalch.

Cet article a pu être réalise grâce au concours de l’Office de tourisme de Barcelone.

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