Les paysages d’Odilon Redon

Pour fêter le centième anniversaire de la mort d’Odilon Redon en 2016, le musée des Beaux Arts de Bordeaux propose une exposition qui se prolonge jusqu’au 26 mars. Une visite à faire absolument pour découvrir un aspect méconnu de l’œuvre de l’artiste.

Arbre Odilon Redon panneau du décor salle à manger de Domecy-sur-le-Vault

Arbre, fond jaune (1901) par Odilon Redon. Panneau faisant partie du décor de la salle à manger du château de Domecy-sur-le-Vault.
Photo City breaks AAA+, Claude Mandraut.

Odilon Redon (1840-1916), qui est né à Bordeaux, fait partie de ces peintres qui ne laissent pas insensible. Sa période des « noirs » bien sûr est sombre à tous les sens du terme. Des traits noirs pour des thèmes noirs et fantastiques où l’imaginaire et l’inconscient règnent en maître. La fleur du marécage, L’esprit de la forêt, L’œuf, ou L’araignée qui pleure font partie des œuvres de cette première période. A partir des années 1880/90, il se met à la couleur et ne reviendra plus vers le noir. L’exposition du musée des Beaux-Arts de Bordeaux présente ses paysages dans le Médoc, dans les Pyrénées et le Pays Basque ou en Bretagne. Ses paysages ou ses rues dégagent une impression de tristesse avec des tons souvent sourds et de vide, d’autant plus qu’on n’y voit aucun personnage. Difficile de les mettre en relation avec l’artiste des « noirs ». Aussi malaisé d’y reconnaître le peintre des toutes dernières années qui fait exploser les couleurs dans des bouquets, des fleurs ou des papillons qui ne sont pas dépourvus d’un certain mystère. On est très loin des panneaux décoratifs réalisés entre 1900 et 1901 au château de Domecy à Domecy-sur-le-Vault ou du décor de la bibliothèque de l’Abbaye de Fontfroide (1910). Dans l’exposition bordelaise, on peut toutefois voir quelques tableaux qui ne font pas partie à proprement parler des paysages et qui jouent avec la couleur et, pour certains, avec l’imaginaire que j’apprécie tant chez Odilon Redon comme, Saint-Sébastien (1910), Le sommeil de Caliban (entre 1895 et 1900), Le char d’Apollon (1909), L’arbre sur fond jaune (1901), l’un des panneaux de Domecy-sur-le-Vault.

Pour ceux qui auraient envie de mieux connaître Odilon Redon, l’éditeur bordelais Le Festin dans la collection L’Eveilleur a sorti   « Odilon Redon Botaniste » qui reprend les textes de Francis Jammes et de Marius-Ary Leblond, nom de plumes pour Georges Athénas et Aimé Merlo avec une introduction de l’historien l’art bordelais le Professeur Robert Coustet. Francis Jammes qui fut l’ami d’Odilon Redon et Marius-Ary Leblond s’attachent à la période tardive d’Odilon Redon lorsque ce dernier se laisse envahir par la couleur qui donne à son œuvre très orientée vers les fleurs cette grâce, cette légèreté, cette luminosité et cet enchantement mystérieux. Les reproductions choisies illustrent bien cette approche d’Odilon Redon. A lire et à regarder pour voir combien sont grandes les différences entre ses paysages, qui font l’objet de l’exposition bordelaise, et ses créations vouées aux fleurs.

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